• Dans cet ouvrage qui bouscule bien des évidences, Vincent Peillon s'attache à saisir l'ambition, la nature et le sens de la laïcité chez ses fondateurs républicains. Que voulaient-ils dire lorsqu'ils parlaient de « foi laïque », de « morale laïque », de « religion laïque », et même de « Dieu laïque » ? Prenant prétexte d'une invitation adressée par le jeune Jaurès au radical Camille Pelletan à venir le voir à Toulouse afin d'y rencontrer des « théologiens laïques, » Vincent Peillon cherche à comprendre ce que pouvait signifier pour Jaurès et pour les fondateurs ce qui nous apparaît comme une contradiction dans les termes et un monstre conceptuel : une « théologie laïque ». Il est ainsi conduit à restituer à la notion de laïcité une complexité et une profondeur qui sont trop souvent ignorées aujourd'hui.

  • Jamais on ne s'est tant revendiqué de la République. Si ce retour en force est sans doute l'expression d'un besoin légitime face aux pathologies du modèle libéral et à l'effondrement du rêve communiste, il est d'abord le résultat d'une formidable escroquerie historique et intellectuelle. Le républicanisme qui sert de drapeau et d'étendard aujourd'hui aux forces les plus antirépublicaines n'a rien à voir avec la doctrine républicaine. Il en prend même souvent l'exact contrepied et, sous son couvert, continue de la combattre. Si l'extrême droite française peut récupérer sans vergogne le vocabulaire républicain, par exemple les mots « laïcité » ou « patriotisme », c'est qu'un certain nombre de prétendus républicains, de gauche comme de droite, ont préparé le terrain en faisant du républicanisme une idéologie réactionnaire, identitaire, nationaliste, intolérante, antireligieuse, antidémocratique et antilibérale. La confusion politique à laquelle nous assistons a été précédée d'une confusion intellectuelle, qui a conjugué le mépris des faits à l'ignorance des textes. Vincent Peillon analyse dans cet ouvrage les thèses qui ont permis cet abaissement, préparant les équivoques et les dérives du débat actuel, et propose de restituer à la philosophie républicaine son vrai visage.

  • En politique, la promesse a mauvaise réputation. Le rapport de la politique aux promesses juge la politique, et il la juge sévèrement. La politique serait un art du mensonge, de la ruse, de la séduction, de la trahison. Et la promesse ne serait qu'un instrument parmi d'autres pour gouverner la populace, qui par nature est crédule. Pourtant, malgré ce constat sombre, on constate qu'on ne peut se passer de promesses, et même que l'on en redemande toujours. La promesse, même mensongère, même intenable, serait consubstantielle à la politique, et nous permettrait d'en saisir la nature singulière. Vincent Peillon s'interroge sur la nécessité de quitter l'horizon de la modernité et des théories du Contrat pour méditer à nouveaux frais le modèle biblique de l'Alliance. Ce qui le conduit à faire de la promesse comme figure juive du théologico-politique un recours pour notre temps marqué par la faillite de l'humanisme.

  • 24 décembre, 36 quai des Orfèvres. Dans la cour où la nuit tombe, seul le sapin de Noël tient droit. Le commissaire Bloom, lui, titube, comme le monde qui l'entoure.
    Une bouteille de gin, un bon livre et des sonates de Bach sont les seuls compagnons qu'il désire pour ce réveillon. Mais cette soirée idyllique est vite interrompue par un appel : une prostituée transsexuelle a été retrouvée morte à Belleville, maquillée et vêtue d'un somptueux costume de l'Opéra de Pékin. Que signifie cette mise en scène ? À qui s'adresse-t-elle ?
    Les cadavres de divas travesties commencent à s'additionner dans les rues de Paris. Alors que ses supérieurs semblent privilégier la piste du règlement de comptes entre mafias chinoises, le commissaire Bloom en flaire une autre. Celle-ci pourrait bien le conduire où personne ne souhaite qu'il aille, jusqu'aux plus hautes sphères de l'État...

  • Le bien ou le mal, la justice ou la vengeance, la guerre ou la paix ?
    Du Groenland à Tel Aviv, en passant par Copenhague et Paris, nous voici plongés dans une réalité qui est la nôtre, dont on soupçonne l'existence mais qu'on préfère ignorer.
    AURORA : c'est le nom du consortium qui fait main basse sur des réserves de pétrole et de gaz dans le Grand Nord. Son fondateur, un ancien nazi visionnaire, est protégé par des faucons américains et certains hauts responsables de l'Otan. Mais quand les intérêts stratégiques, les appétits économiques et les folies idéologiques se mêlent, l'histoire chemine vers son crépuscule. Il sera taché de haine et de sang. 
    Qui réglerait cela proprement ? Une équipe du Mossad, apparemment en sommeil. Des agents menés par un homme qui a toutes les audaces et tous les talents - sauf celui de résister parfois à la mélancolie. C'était sans compter sur les traîtres. Ceux qui se croyaient les prédateurs deviennent alors des proies. 
    Une intrigue géopolitique glaçante, menée tambour battant. 

  • Écrire l'histoire de la devise républicaine, c'est faire de la contre-histoire. Il suffit de considérer les noms des principaux auteurs ou penseurs de la devise républicaine, Robespierre, Pierre Leroux, Louis Blanc, pour ne citer que quelques-uns de ceux qui seront étudiés dans ce livre, pour comprendre qu'ils ont été, dans des modalités certes diverses, allant de la pure et simple ignorance au mensonge ou à la moquerie et au dédain, destitués de leur paternité.
    Ceux qui croient que les idées n'ont pas d'effet dans l'histoire et que la manière de raconter le passé n'influe pas sur le présent et sur l'avenir se trompent. Je ne sais pas si elles dirigent le monde, mais il n'est pas surprenant de constater, sur la base de cette histoire falsifiée, que le républicanisme soit devenu en France une philosophie conservatrice, voire réactionnaire, servant à légitimer les intérêts des classes les plus favorisées et à entretenir l'image sépia d'une France qui n'a jamais existé. Si ce n'est pas surprenant, c'est toutefois désolant et inquiétant.
    En proposant ce livre sur la devise, j'ai voulu écrire une histoire de la doctrine républicaine française du point de vue des républicains eux-mêmes, c'est-à-dire de ceux qui se sont battus pour elle, plutôt que du point de vue de ceux qui l'ont combattue et ne s'y sont ralliés que lorsqu'elle avait vaincu. J'ai cherché à présenter cette doctrine telle qu'elle a été élaborée non par ceux qui voulaient occuper les places mais par ceux qui voulaient, quoi qu'il puisse leur en coûter, produire un effet moral et affirmer un idéal, celui de la République démocratique, sociale et laïque.
    V. P.

  • Le but que je me suis fixé n'est pas d'apporter une modification de plus au Code de l'éducation. C'est de faire que tous nos enfants puissent réussir et que notre école réponde au défi du XXIe siècle. Cela se jouera dans la salle de classe, sous le préau, dans la vie quotidienne de ces millions de petites filles et de petits garçons, ces millions d'adolescents qui sont notre responsabilité et notre avenir.
    Nous avons une chance que nous ne devons pas manquer. C'est qu'un président de la République a fixé pour priorité de sa politique et de son action la jeunesse et l'école. Autour de l'école, de ses valeurs, nous pouvons et nous devons nous rassembler, nous dépasser.
    /> Refonder l'école de la République et refonder la République par l'école : tel est le projet que je porte. Tel est le chemin que je vous propose d'emprunter ensemble et que j'ai voulu ici partager avec vous. C'est de l'avenir de nos enfants et de notre pays qu'il s'agit.
    Vincent Peillon

  • Aux grandes réponses traditionnelles relatives au sens de notre modernité – la mort de Dieu, la mort de l'homme – dont il réfute la pertinence, Vincent Peillon substitue une autre piste de lecture. Ce qui se joue dans notre temps, c'est la mort du politique. Réduite à l'économie, à la morale, ou à la seule communication, la politique n'est-elle pas devenue elle-même "antipolitique" ?
    Mais qu'est-ce que le politique dont il s'agit ici ? Nos traditions démocratiques se sont construites autour d'une alliance entre philosophie et politique, un mode d'organisation de la Cité et un type de rationalité critique. Socrate apostrophant les puissants – hommes d'argent, de pouvoir ou de verbe – illustre le fondement de cette histoire. Celle-ci s'est déployée à travers l'humanisme civique de la Renaissance, les Lumières et la Révolution, la fondation de la troisième République, toujours dans la lutte et l'affrontement avec ceux qui veulent exercer le pouvoir, prétendent posséder la vérité et se prennent pour des dieux.
    Nourri d'une méditation continue des œuvres des philosophes classiques et modernes, particulièrement de Merleau-Ponty, mais aussi d'une expérience d'homme politique, Vincent Peillon propose de renouer les liens du politique à l'action et à la vérité, de la philosophie à la Cité, qui seuls pourraient permettre, en un temps où la démocratie est fragilisée, un autre avenir que de ténèbres.
    Philosophe et homme politique, Vincent Peillon est notamment l'auteur de livres sur Merleau-Ponty (1994, 2004, 2008), Jean Jaurès (2000) et Pierre Leroux (2003). Il a publié au Seuil La Révolution française n'est pas terminée (2008) et Une religion pour la République. La foi laïque de Ferdinand Buisson ("La Librairie du XXIe siècle", 2010).

  • Depuis plus d'un siècle, nous sommes enfermés dans des oppositions stériles que l'on ressasse pour ne plus penser, ne plus agir : l'individu contre l'État, la République contre la démocratie, la liberté contre l'égalité, le libéralisme contre le socialisme, la politique contre la morale, la laïcité contre la religion, autant de bêtises qui nous plongent dans une dépression nationale qui remplace l'action par l'agitation, la responsabilité par l'émotion, la clarté par la confusion, le réel par la communication, l'amitié par la haine de l'autre. Étrangers à nous-mêmes, nous ne trouvons plus la force d'aimer ce que nous sommes ensemble.
    Dans ce livre incisif, Vincent Peillon, philosophe et homme politique, prend appui sur les travaux d'une nouvelle génération de philosophes et d'historiens pour rompre avec bien des préjugés et des paresses intellectuelles qui ont nourri la crise actuelle de la pensée progressiste. En revisitant le passé, il dégage les fondements philosophiques, historiques et politiques de ce que pourrait être le socialisme du XXIe siècle. Il opère ainsi, au sens étymologique, une refondation républicaine et socialiste.Ce livre est le premier acte d'une nouvelle génération intellectuelle et politique qui a décidé, sans craindre la polémique et la responsabilité, d'écrire enfin sa propre histoire : d'enfanter son propre temps.
    Membre du bureau national du PS depuis 1994, élu député de la Somme en 1997, député européen depuis 2004, Vincent Peillon a été porte-parole national du Parti socialiste puis de Ségolène Royal en 2007.

  • Il s'agit au sens précis d'une "biographie philosophique" dans laquelle l'existence de Maurice Merleau-Ponty se trouve restituée dans un contexte intellectuel, sociologique, voire sentimental. Car Maurice Merleau-Ponty a toujours pensé et enseigné en fonction de sa vie. Sa théorie critique du marxisme ne s'explique que par ses démêlés avec le Parti communiste. Sa {Phénoménologie de la perception} ne peut se lire qu'à la lumière de ses relations avec Jean Piaget, Claude Lévi-Strauss, etc. L'auteur se penche également sur la vie quotidienne d'un philosophe avec, en transparence, cette question : quel est le statut de l'existence pour un "pur esprit" ? Sur ce point, il a recueilli témoignages et confidences.

  • Jean Jaurès incarne à lui seul, "le socialisme républicain", le combat pour la paix et l'éloquence parlementaire. Mais derrière cette imagerie officielle, se dissimulent une oeuvre majeure et une pensée philosophique, dont la méconaissance n'en finit pas de se vérifier. Cet ouvrage tente d'en reconstituer la cohérence.
    Car le socialisme de Jaurès était, contrairement à bien des idées reçues, un individualisme et un spiritualisme - deux raisons suffisantes pour heurter ses lecteurs marxistes ou libéraux. Retrouver la philosophie jauressienne, cela revient donc à mener le combat contre le collectivisme et contre le matérialisme. Cette évidence devrait en surprendre plus d'un...
    A cela s'ajoute le fait que, pour Jaurès, la "révolution" ne peut être réduite à un bouleversement économique. La morale et la religion y ont leur part -décisive. Pour lui, politique et mystique ne sont pas séparables. Ce mouvement intellectuel vient ainsi nous rappeler que "la chose publique" ne saurait être assignée à une technologie du pouvoir aux mains des importants et des habiles. Il lui faut, au contraire, s'enraciner dans l'existence et la féconder afin de lui donner un sens. C'est à cette condition qu'elle retrouvera la dignité et la légitimité qui lui sont, aujourd'hui, si fortement contestées.
    D'où cet ouvrage, dans lequel Vincent Peillon s'efforce - en tant que philosophe et socialiste - de raviver une pensée fondatrice et trahie.

  • À travers la figure trop méconnue de Ferdinand Buisson (1841-1932), principal artisan de la laïcité française, cet essai restitue " la religion laïque " dans sa cohérence doctrinale, à la fois philosophique, morale, politique et pédagogique. On comprend mieux dès lors comment Ferdinand Buisson, prix Nobel de la Paix en 1927, a pu concilier l'engagement du socialiste, anticlérical résolu, avec l'affirmation suivante : " la religion de Jésus est la religion de chaque citoyen républicain ".
    Disciple d'Edgar Quinet, héritier d'une puissante tradition révolutionnaire, Ferdinand Buisson a cherché le moyen de contrecarrer l'alliance de la contre-révolution et de l'Église catholique afin d'établir la République démocratique et sociale dans la durée. Vincent Peillon souligne combien la laïcité, faite religion nouvelle, joue un rôle philosophique et politique. L'école et les " hussards noirs " y ont eu pour mission de faire de chaque élève un Christ républicain, de la raison une émotion, une passion et même une mystique.
    En montrant que la laïcité fut d'abord la formulation d'un théologico-politique spécifiquement républicain, Vincent Peillon ouvre de nouveaux horizons de recherche et d'interrogation pour la philosophie politique contemporaine.
    Philosophe et homme politique, Vincent Peillon est notamment l'auteur de livres sur Merleau-Ponty (1994, 2004, 2008), Jean Jaurès (2000) et Pierre Leroux (2003). Il a publié au Seuil La Révolution française n'est pas terminée (2008).

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