• Quelque part, dans un paysage de forêt et de montagnes, se tient une usine rouge, déversant jour et nuit ces volutes noires. Le narrateur, un double de Bastien Bertine, décide de s'y engager pour comprendre ce qui s'y joue : comprendre ce que vivent ses amis qui y travaillent, ses proches, les habitants de toute une ville. Il découvrira l'horreur quotidienne des bruits permanents, des odeurs de poissons morts qui imprègnent malgré la douche, des démangeaisons et de la crasse ; mais aussi les accidents mortels qui "arrivent" et contre lesquels "on ne peut rien" .
    Il rencontrera des ouvriers qui voient sa présence de "bleusaille" ou comme un vent de fraîcheur ou comme une intrusion méprisante. Car le narrateur dessine, l'usine, ses ouvriers : lui, il le sait en arrivant, n'est qu'un témoin de passage ; mais combien d'autres y sont pour la vie ?
    Bastien Bertine par son dessin et ses couleurs apporte une poésie, une touche de décalage à l'observation fictionnelle de ce monde absurde et sans pitié.

  • Lorsque l'on évoque l'oeuvre de Louis-Ferdinand Céline et la bande dessinée, on songe immédiatement à Tardi et à son adaptation du "Voyage au bout de la nuit". Pourtant au-delà même de l'adaptation de ses textes, Céline a, par sa narration, son usage de la typographie, sa langue, inspiré de nombreux auteurs de bandes dessinées, tandis que lui-même était lecteur de bandes dessinées. Les liens entre Céline et la bande dessinée sont donc multiples et complexes. La lecture de bandes dessinées a-t-elle eu un impact sur l'univers célinien ? Y a-t-il des phénomènes d'intertextualité entre l'oeuvre célinienne et la bande dessinée ? Peut-on trouver dans la bande dessinée des traces, des effets ou des souvenirs de la lecture de Céline, notamment chez Tardi, en dehors du cas particulier des illustrations ? Et dans les oeuvres d'Hergé ou de Manu Larcenet ?

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