Langue française

  • Dans la nuit du 18 au 19 janvier 2011, Laëtitia Perrais a été enlevée à 50 mètres de chez elle, avant d'être poignardée et étranglée. Il a fallu des semaines pour retrouver son corps. Elle avait 18 ans.
    Ce fait divers s'est transformé en affaire d'État : Nicolas Sarkozy, alors président de la République, a reproché aux juges de ne pas avoir assuré le suivi du " présumé coupable ", précipitant 8 000 magistrats dans la rue.
    Ivan Jablonka a rencontré les proches de la jeune fille et les acteurs de l'enquête, avant d'assister au procès du meurtrier en 2015. Il a étudié le fait divers comme un objet d'histoire, et la vie de Laëtitia comme un fait social. Car, dès sa plus jeune enfance, Laëtitia a été maltraitée, accoutumée à vivre dans la peur, et ce parcours de violences éclaire à la fois sa fin tragique et notre société tout entière : un monde où les femmes se font harceler, frapper, violer, tuer.
    - prix Médicis 2016,
    - prix Transfuge du meilleur essai 2016,
    - prix littéraire Le Monde 2016,
    - prix de la meilleure Enquête de Lire 2016
    et prix des Prix littéraires 2016.

  • Aux grandes réponses traditionnelles relatives au sens de notre modernité – la mort de Dieu, la mort de l'homme – dont il réfute la pertinence, Vincent Peillon substitue une autre piste de lecture. Ce qui se joue dans notre temps, c'est la mort du politique. Réduite à l'économie, à la morale, ou à la seule communication, la politique n'est-elle pas devenue elle-même "antipolitique" ?
    Mais qu'est-ce que le politique dont il s'agit ici ? Nos traditions démocratiques se sont construites autour d'une alliance entre philosophie et politique, un mode d'organisation de la Cité et un type de rationalité critique. Socrate apostrophant les puissants – hommes d'argent, de pouvoir ou de verbe – illustre le fondement de cette histoire. Celle-ci s'est déployée à travers l'humanisme civique de la Renaissance, les Lumières et la Révolution, la fondation de la troisième République, toujours dans la lutte et l'affrontement avec ceux qui veulent exercer le pouvoir, prétendent posséder la vérité et se prennent pour des dieux.
    Nourri d'une méditation continue des œuvres des philosophes classiques et modernes, particulièrement de Merleau-Ponty, mais aussi d'une expérience d'homme politique, Vincent Peillon propose de renouer les liens du politique à l'action et à la vérité, de la philosophie à la Cité, qui seuls pourraient permettre, en un temps où la démocratie est fragilisée, un autre avenir que de ténèbres.
    Philosophe et homme politique, Vincent Peillon est notamment l'auteur de livres sur Merleau-Ponty (1994, 2004, 2008), Jean Jaurès (2000) et Pierre Leroux (2003). Il a publié au Seuil La Révolution française n'est pas terminée (2008) et Une religion pour la République. La foi laïque de Ferdinand Buisson ("La Librairie du XXIe siècle", 2010).

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