Littérature traduite

  • Quoi de plus familier, de plus " naturel ", qu'une crèche de Noël ? Chacun le sait : il s'agit d'une représentation de la naissance du Christ.
    Et pourtant, ouvrons les Évangiles : pas de crèche, pas de bœuf et pas d'âne, pas de rois mages, encore moins de " santons ".
    D'où vient alors tout ce monde ? Depuis quand et pourquoi fait-on la crèche ?
    Multipliant les incursions sur tous les territoires du passé, des Évangiles apocryphes à la Naples baroque en passant par les catacombes ou La Légende dorée, l'auteur nous entraîne dans une expédition fascinante à la recherche des origines de la crèche, où, comme dans le wonderland d'Alice, " le bon sens est toujours mauvais conseiller ", et où le quotidien se fait étrange, et le banal féerie.
    Comme dans les contes, Maurizio Bettini incite à un décentrement paradoxal où c'est " le chemin le plus long " qui est " la meilleure façon de rentrer chez soi ".

  • Après avoir traduit la poésie d'Alvaro Mutis puis celle de César Vallejo, François Maspero avait entrepris de traduire Ida Vitale. La mort l'a surpris au cœur de ce travail.
    Silvia Baron Supervielle a pris le relais. Elle a choisi et traduit la plupart des poèmes qui composent cette anthologie.
    Ida Vitale a reçu en 2015 le prix Reina Sofía qui est la plus haute distinction pour la poésie ibéro-américaine consacrant ainsi la poète uruguayenne comme une des voix majeures de la poésie de langue espagnole.
    Annie Morvan et François Vitrani
    - Prix Reina Sofía 2015 pour l'ensemble de son oeuvre.
    - Prix Max Jacob étranger 2017 pour Ni plus ni moins.
    - Prix Cervantès 2018 pour l'ensemble de son oeuvre.
    /> - Prix FIL de littérature de langues romanes de la foire internationale du livre de Guadalajara au Mexique 2018 pour l'ensemble de son oeuvre.

  • Au-delà du cercle des philosophes, c'est le monde de la culture qui a été ébranlé depuis la publication des Cahiers noirs de Martin Heidegger. La cas de ce philosophe s'est transformé en affaire médiatique.
    " Pour qualifier l'antisémitisme de Heidegger j'ai choisi l'adjectif "métaphysique' qui ne l'atténue en rien. Il en indique au contraire la profondeur. Il s'agit d'un antisémitisme plus abstrait et, pour cette raison, plus dangereux encore. Mais "métaphysique' renvoie aussi à la tradition de la philosophie occidentale. Dans son "antisémitisme métaphysique', Heidegger n'est pas isolé : il s'inscrit dans le sillage des philosophes allemands, notamment de Kant à Hegel et à Nietzsche.
    Qui donc aujourd'hui se charge de penser philosophiquement "ce qui est advenu', c'est-à-dire non seulement le Troisième Reich, non seulement Auschwitz, mais la "question juive' dans la philosophie occidentale ? Ces questions sont refoulées car considérées tacitement comme non philosophiques.
    L'hostilité de nombreux philosophes envers les Juifs est passée le plus souvent sous silence. Il s'agit d'un chapitre obscur et inquiétant de la philosophie. Même si la pensée n'est pas l'action, la légitimation apportée par les philosophes, parfois malgré eux, à la solution finale de la "question juive', est désormais soulevée. Il s'agit de briser le tabou affirmant que la raison philosophique n'a pas pu concevoir de la barbarie. "
    D. D. C.

  • La liaison amoureuse que retrace ce livre est une des plus longues de Paul Celan et une des plus clandestines. Peu de lettres échangées, des dédicaces se réduisant à une étoile discrète : cryptogramme que Celan, en cas d'absence de l'amante, trace à la craie sur l'ardoise fixée près de la porte de sa chambre pour noter son passage.
    Quand Celan fait la connaissance de Brigitta, sœur cadette de l'écrivain autrichien Herbert Eisenreich, celle-ci a fui son pays natal et son milieu catholique pour aller faire des études à Paris, où elle est jeune fille au pair. Celan a 33 ans, elle en a 25. Leur relation, nouée peu de temps après le mariage de Celan avec Gisèle de Lestrange, en décembre 1952, durera près d'une décennie.
    Pour évoquer sa " liaison clandestine ", Brigitta Eisenreich écrit : " Vu l'attention et la valeur que Celan accordait aux dates d'anniversaires des siens, il paraît clair que j'occupais une place à part dans sa vie. Notre lien échappait au rituel des dates et à bien des contraintes. C'est dans ce lien à la fois clandestin et affranchi que tenait toute la richesse que nous pouvions partager ensemble. "
    Parfois Brigitta attrape les pensées de Celan au vol et les consigne dans un petit carnet. À la recherche de ses souvenirs les plus intimes, elle multiplie les angles de vue sur l'œuvre de Celan et sur ses mille et trois vies : comme si le poète, dans l'ombre du génocide des Juifs d'Europe, se devait de répéter, compulsivement, l'acte de vie pour maintenir le poème vivant – la mémoire.
    Britta Rupp-Eisenreich a été maître de conférences à l'École des hautes études en sciences sociales jusqu'en 1993.

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