Marielle Macé

  • Une pluie d'oiseaux Nouv.

    Une pluie d'oiseaux

    Marielle Macé

    • Corti
    • 5 Mai 2022

    Nous sommes attachés aux oiseaux, depuis longtemps et par des liens de toutes sortes : par l'émerveillement, la curiosité, la chasse, les rites... Par la langue aussi, car la virtuosité des oiseaux et leur façon d'enchanter les paysages posent aux hommes la question de leurs propres langages, de ce que leur parole à eux sait déposer de bien dans le monde. L'histoire de la poésie est d'ailleurs en grande partie consacrée à dire et entretenir ces attachements.
    Or voici que les oiseaux tombent, comme une pluie. En quinze ans, près d'un tiers des oiseaux ont disparu de nos milieux. On les entend mal. Ils se remplissent de virus, de plastique et de mauvaises nouvelles. Les comportements se dérèglent, et eux qui étaient les horlogers du ciel sont à leur tour déboussolés...
    Alors on tend l'oreille, on essaie de traduire les alertes et d'écouter mieux.
    Ce livre explore la force de ces attachements, et pense ce nouveau rendez- vous que nous avons avec les oiseaux, à présent qu'ils disparaissent. Il réfléchit à ce que c'est que se suspendre à ce qui tombe, à la manière dont cela fait tenir autrement au monde.
    Il pose aussi qu'écouter mieux, cela engage notre parole et le soin que l'on saura prendre à nos propres phrases. Il tente donc de nouvelles manières de parler nature, par temps d'extinction : des manières d'exercer nos responsabilités de vivants parlants au beau milieu des paysages, avec des oiseaux à l'esprit, à l'oreille, dans la vue : avec des oiseaux plein la voix.

  • Nos cabanes

    Marielle Macé

    • Verdier
    • 7 Mars 2019

    47 % des vertébrés disparus en dix ans : faut qu'on se refasse une cabane, mais avec des idées au lieu de branches de saule, des images à la place de lièvres géants, des histoires à la place des choses.
    Olivier Cadiot Il faut faire des cabanes en effet, pas pour tourner le dos aux conditions du monde présent, retrouver des fables d'enfance ou vivre de peu ;
    Mais pour braver ce monde, pour l'habiter autrement, pour l'élargir.
    Marielle Macé les explore, les traverse, en invente à son tour. Cabanes élevées sur les ZAD, sur les places. Cabanes bâties dans l'écoute renouvelée de la nature, dans l'élargissement résolu du « parlement » des vivants, dans l'imagination d'autres façons de dire « nous ». Cabanes de pensées et de phrases, qui ne sauraient réparer la violence faite aux vies, mais qui y répliquent en réclamant très matériellement un autre monde, qu'elles appellent à elles et que déjà elles prouvent.
    Marielle Macé est née en 1973. Ses livres prennent la littérature pour alliée dans la compréhen- sion de la vie commune. Ils font des manières d'être et des façons de faire l'arène même de nos disputes et de nos engagements.

  • Sidérer, considérer ; migrants en France, 2017

    Marielle Macé

    • Verdier
    • 23 Août 2017

    S'intéresser aux formes des vies, c'est s'inté- resser à ce que toute vie a non pas d'unique, même si elle est unique, mais de semblable et de dissemblable à d'autres - c'est-à-dire d'égal.

    Marielle Macé poursuit cette conviction de l'égalité des vies, et réclame une attention patiente aux existences les plus précaires, qui vise, avec les moyens de la littérature et du documentaire, à « rendre la réalité inac- ceptable ».

  • Styles ; critique de nos formes de vie

    Marielle Macé

    • Gallimard
    • 3 Octobre 2016

    Occupy Wall Street, Indignés, Nuit Debout - plus que jamais la question est posée de définir la vie que nous souhaitons choisir et vivre.
    Une vie vécue est inséparable de ses formes, de ses modalités, de ses régimes, de ses gestes, de ses façons, de ses allures... qui sont déjà des idées. Le monde, tel que nous le partageons et lui donnons sens, ne se découpe pas seulement en individus, en classes ou en groupes, mais aussi en «styles», qui sont autant de phrasés du vivre, animé de formes attirantes ou repoussantes, habitables ou inhabitables, c'est-à-dire de formes qualifiées : des formes qui comptent, investies de valeurs et de raisons d'y tenir, de s'y tenir, et aussi bien de les combattre.
    C'est sur ce plan des formes de la vie que se formulent aujourd'hui beaucoup de nos attentes, de nos revendications, et surtout de nos jugements. C'est toujours d'elles que l'on débat, et avec elles ce sont des idées complètes du vivre que l'on défend ou que l'on accuse. Une forme de vie ne s'éprouve que sous l'espèce de l'engagement, là où toute existence, personnelle ou collective, risque son idée. Vouloir défendre sa forme de vie, sans tapage, en la vivant, mais aussi savoir en douter et en exiger de tout autres, voilà à quoi l'histoire la plus contemporaine redonne de la gravité.
    Bien au-delà du champ de l'art, Marielle Macé propose la construction critique d'une véritable stylistique de l'existence. Cela suppose de s'intéresser sans préjugé à tout ce qu'engagent les variations formelles de la vie sur elle-même - styles, manières, façons - et de ne pas traiter forcément de vies éclatantes, triomphantes, d'apparences prisées ou de corps élégants. Ce n'est pas seulement la littérature mais bien toutes les sciences humaines qui, pour comprendre le monde immédiat, sous nos yeux, doivent s'y rendre vraiment attentives.

  • Façons de lire, manières d'être

    Marielle Macé

    • Gallimard
    • 17 Mars 2011

    « J'allais rejoindre la vie, la folie dans les livres.
    (.) La jeune fille s'éprenait de l'explorateur qui lui avait sauvé la vie, tout finissait par un mariage. De ces magazines et de ces livres j'ai tiré ma fantasmagorie la plus intime. » Lorsque le jeune Sartre lève ainsi une épée imaginaire et se rêve en héros après avoir lu les aventures de Pardaillan, il ne fait rien de très différent de ce que nous faisons tous quand nous lisons, puissamment attirés vers des possibilités d'être et des promesses d'existence.
    C'est dans la vie ordinaire que les oeuvres se tiennent, qu'elles déposent leurs traces et exercent leur force. Il n'y a pas d'un côté la littérature, et de l'autre la vie, dans un face-à-face brutal et sans échanges qui rendrait incompréhensible la croyance aux livres, un face-à-face qui ferait par exemple des désirs romanesques de Sartre (ou de la façon dont Emma Bovary se laisse emporter par des modèles) une simple confusion entre la réalité et la fiction, et par conséquent un affaiblissement de la capacité à vivre.
    Il y a plutôt, dans la vie elle-même, des formes, des élans, des images et des styles qui circulent entre les sujets et les oeuvres, qui les exposent, les animent, les affectent. Dans l'expérience ordinaire de la littérature, chacun peut ainsi se réapproprier son rapport à soi-même, à son langage, à ses possibles : car les formes littéraires se proposent dans la lecture comme de véritables formes de vie, engageant des conduites, des démarches, des puissances de façonnement et des valeurs existentielles.
    La lecture n'est pas une activité séparée, c'est l'une de ces conduites par lesquelles, quotidiennement, nous donnons un aspect, une saveur et même un style à notre existence.

  • Le genre littéraire

    Marielle Macé

    • Flammarion
    • 2 Janvier 2013

    Les anthologies de la collection Corpus se composent d'une introduction, d'un choix de textes présentés, d'un répertoire des principales notions liées au thème et d'une bibliographie. Cette anthologie comporte notamment des textes de : Aragon, Aristote, Saint Augustin, Baudelaire, Blanchot, Boileau, Borges, Bourdieu, Breton, Céline, Cervantès, Corneille, Dante, Derrida, Doubrovsky, Fowler, Genette, Hegel, Horace, Hugo, Jauss, La Bruyère, Lejeune, Lukács, Montaigne, Platon, Rabelais, Rousseau, Sartre, Schowb, Simenon, Stendhal, Todorov, Tynianov.

  • La littérature, au XIXe siècle, avait confié au roman l'essentiel de son entreprise de savoir.
    Ce livre construit l'histoire du genre qui en a pris le relais au long du XXe siècle: de Péguy à Benjamin, de Thibaudet à Bataille, les écrivains ont demandé à l'essai d'occuper l'espace que les discours savants disputaient désormais à la littérature. Cinq moments, souvent des duels, scandent cette histoire. Bergson (contre Benda), Gide (en nouveau Montaigne), Breton, Sartre (contre Bataille) ou Barthes en sont les héros privilégiés; ils ont maintenu un équilibre fragile, celui de " l'engagement de la pensée dans la forme ".
    Notre présent vient après coup: les ressorts ont momentanément cédé, l'essayisme "d'utilité publique" se défait, pris entre des exigences impossibles à concilier. Ce livre date une question, situe des positions dans la culture et met au jour tout un corpus essentiel à notre mémoire littéraire. Le récit qu'il propose est mené en sympathie avec un objet mobile, impatient, séduisant; il ressaisit nombre de chefs-d'oeuvre, mais dévoile aussi des anachronismes qui incarnent toute la difficulté de la situation moderne de la littérature.

  • Devant la fiction, dans le monde

    Marielle Macé

    • Pu de rennes
    • 11 Février 2010

    Comment voyons-nous le monde à travers la fiction, et le monde après la fiction ? Ce volume examine, autour d'oeuvres précises, les façons dont la fiction littéraire ou cinématographique modèle nos perceptions. Les théories de la représentation, la rhétorique, l'histoire littéraire, la philosophie, les sciences cognitives ou l'esthétique y entrent en débat pour dire combien la lecture est une expérience de pensée mais aussi de vie.

  • « Signes et déchets de signes, phrases et déchets de phrases font nos milieux de vie. En cela, l'actualité récente a souvent révélé, s'il en était besoin, quelque chose comme des états pourris de la parole, pourris à force de déliaisons, de rétrécissements, d'inattention, de bâclage, de négligence, de morgue, de dédain. Des états pourris de la parole politique, de la parole médiatique, et de nos propres échanges, c'est-à-dire des phrases que nous mettons dans le monde et entre nous, dans la rue, dans le travail, sur les réseaux, dans les tweets, ces « gazouillis » ». Marielle Macé - Déjà auteure pour AOC d'un formidable texte sur « Nos cabanes », Marielle Macé a confié au début 2021 un long et important article à propos des « états pourris de la parole » tels que notamment révélés par la crise sanitaire. Mais attention, parler d'une pollution de la parole n'est pas une manière de déplorer un quelconque appauvrissement de la langue, ce n'est ni un esthétisme, ni un élitisme. C'est le désir de penser la parole comme un milieu partagé et vulnérable, comme une « zone à défendre » : un lieu commun dont il faut prendre soin. C'est précisément ce que faisait Céline Curiol quelques mois plus tôt dans les colonnes d'AOC avec « Paroles malheureuses », une nouvelle en forme de dystopie autour d'une épidémie de mots pathogènes. Et si notre vulnérabilité relevait directement du propre de l'humain : de la langue ?

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