Langue française

  • Avant que j'oublie

    Anne Pauly

    Il y a d'un côté le colosse unijambiste et alcoolique, et tout ce qui va avec : violence conjugale, comportement irrationnel, tragicomédie du quotidien, un « gros déglingo », dit sa fille, la narratrice, un vrai punk avant l'heure. Il y a de l'autre le lecteur autodidacte de spiritualité orientale, à la sensibilité artistique empêchée, déposant chaque soir un tendre baiser sur le portrait pixellisé de feu son épouse. Mon père, dit sa fille, qu'elle seule semble voir sous les apparences du premier. Il y a enfin une maison, à Carrières-sous- Poissy et un monde anciennement rural et ouvrier.
    De cette maison, il va bien falloir faire quelque chose à la mort de ce Janus, gaillard fragile à double face.
    Capharnaüm invraisemblable, caverne d'Ali-Baba, la maison délabrée devient un réseau infini de signes et de souvenirs pour sa fille qui décide de trier méthodiquement ses affaires. Comment déceler une cohérence dans ce chaos ? Que disent d'un père ces recueils de haïkus, auxquels des feuilles d'érable ou de papier hygiénique font office de marque-page ?
    Et puis, un jour, comme venue du passé et parlant d'outre-tombe, une lettre arrive, qui dit toute la vérité sur ce père aimé auquel, malgré la distance sociale, sa fille ressemble tant.

  • Paris 1931, l'Exposition Coloniale. Quelques jours avant l'inauguration officielle, empoisonnés ou victimes d'une nourriture inadaptée, tous les crocodiles du marigot meurent d'un coup.
    Une solution est négociée par les organisateurs afin de remédier à la catastrophe. Le cirque Höffner de Francfort-sur-le-Main, qui souhaite renouveler l'intérêt du public allemand, veut bien prêter les siens, mais en échange d'autant de Canaques. Qu'à cela ne tienne !
    Les « cannibales » seront expédiés.
    Inspiré par ce fait authentique, le récit déroule l'intrigue sur fond du Paris des années trente - ses mentalités, l'univers étrange de l'Exposition - tout en mettant en perspective les révoltes qui devaient avoir lieu un demi-siècle plus tard en Nouvelle-Calédonie.

  • Syrie.
    Un vieil homme rame à bord d'une barque, seul au milieu d'une immense étendue d'eau. En dessous de lui, sa maison d'enfance, engloutie par le lac el-Assad, né de la construction du barrage de Tabqa, en 1973.
    Fermant les yeux sur la guerre qui gronde, muni d'un masque et d'un tuba, il plonge - et c'est sa vie entière qu'il revoit, ses enfants au temps où ils n'étaient pas encore partis se battre, Sarah, sa femme folle amoureuse de poésie, la prison, son premier amour, sa soif de liberté.

  • Partout le feu Nouv.

    Partout le feu

    Hélène Laurain

    Laetitia est née trois minutes avant sa soeur jumelle Margaux et trente-sept minutes avant l'explosion de Tchernobyl. Malgré des études dans une grande école de commerce, elle grenouille au Snowhall de Thermes-les-Bains, au désespoir de ses parents. Elle vit à La Cave où elle écoute Nick Cave, obsédée par les SUV et la catastrophe climatique en cours.

    Il faut dire que Laetitia vit en Lorraine où l'État, n'ayant désormais plus de colonie à saccager, a décidé d'enfouir tous les déchets radioactifs de France. Alors avec sa bande, Taupe, Fauteur, Thelma, Dédé, elle mène une première action spectaculaire qui n'est qu'un préambule au grand incendie final.

    Dans ce premier roman haletant où l'oralité tient lieu de ponctuation, Hélène Laurain, née à Metz en 1988, nous immerge au coeur incandescent des activismes contemporains.

  • Une maternité ferme. Un accouchement tourne mal. Un enfant meurt. Interpellé, le préfet n'a qu'une chose à dire : « nous sommes comptables de la dette publique ». Et le verrou est mis.
    Proposition de la littérature : tourner la clé.
    À l'évidence, tout tient dans une formule - mais qu'est-ce qu'elle tient cette formule ? Un ordre, des intérêts, un verrouillage. En guise de quoi on dit : LaDettePubliqueC'estMal. C'est un assommoir : trente ans de répétition, des parleurs, des figures, des grimaces - tous les tours de l'autorité. Qui n'y feront rien : ce seront toujours des contes.
    Mauvais livre de contes : l'ouvrir, le désosser, le bazarder.

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  • Les voilà, encore une fois : Billaud, Carnot, Prieur, Prieur, Couthon, Robespierre, Collot, Barère, Lindet, Saint-Just, Saint-André.
    Nous connaissons tous le célèbre tableau des Onze où est représenté le Comité de salut public qui, en 1794, instaura le gouvernement révolutionnaire de l'an II et la politique dite de Terreur.
    Mais qui fut le commanditaire de cette oeuvre ?
    À quelles conditions et à quelles fins fut-elle peinte par François-Élie Corentin, le Tiepolo de la Terreur ?
    Mêlant fiction et histoire, Michon fait apparaître avec la puissance d'évocation qu'on lui connaît, les personnages de cette « cène révolutionnaire », selon l'expression de Michelet qui, à son tour, devient ici l'un des protagonistes du drame.

  • Dans un pays dont on ignore le nom, où se succèdent des dictateurs qui tentent de le moderniser, une soeur et son frère jumeau vivent à la ferme de leurs parents, au milieu des plaines. Marcio travaille aux champs avec le père, un homme violent, tandis que Léonora s'occupe de la maison avec sa mère. Ils ont douze ans à peine et leur complicité semble totale, leurs jeux interdits irrépressibles. Mais un soir, alors que leurs corps se rapprochent doucement dans le fenil, le père surgit et voit se confirmer ce qu'il a toujours suspecté.
    Tandis qu'un nouveau coup d'Etat vient de se produire, les parents décident de séparer les jumeaux. Commence alors un combat long et incertain, celui de la réinvention de soi et de la quête obstinée de liberté.

  • Andrea de dos Nouv.

    Quelque part en Amérique du Sud, un pèlerinage en terrain équatorial. Chacun a son voeu, griffonné sur un bout de papier, et va cheminer sur des kilomètres jusqu'au terme de la procession où se campe une madone miraculeuse. Ils sont des milliers. La longue route de dévotion est parcourue d'une corde que l'on doit tenir d'une main sans jamais lâcher. Tomber, perdre la corde, s'en dessaisir ne serait-ce qu'une fraction de seconde, c'est voir son voeu brisé, remis d'un an.
    Deux étudiantes, Andrea et sa soeur Ezia, vont se mêler au ruban des pèlerins, prendre la corde, être des grandes bousculades.

    L'écriture baroque et intense de Michel Jullien nous porte, par une suite de plans larges rapprochés, au coeur même de cette procession, dont il s'inspire librement, dans une espèce d'exotisme à rebours où se mélangent l'humour et la brutalité, l'outrance des foules et la tendresse qu'il nourrit pour ses deux personnages.

  • En 2012, Thésée quitte « la ville de l'Ouest » et part vers une vie nouvelle pour fuir le souvenir des siens. Il emporte trois cartons d'archives, laisse tout en vrac et s'embarque dans le dernier train de nuit vers l'est avec ses enfants. Il va, croit-il, vers la lumière, vers une réinvention. Mais très vite, le passé le rattrape. Thésée s'obstine. Il refuse, en moderne, l'enquête à laquelle son corps le contraint, jusqu'à finalement rouvrir « les fenêtres du temps »...

  • Malgré le naufrage et la multiplication des alertes, le cap est à ce jour inchangé : c'est l'adaptation de toutes les sociétés au grand jeu de la compétition mondiale. Une marée de gilets jaunes a pourtant surgi sur le pont, bientôt rejointe par d'innombrables mutineries pour défendre les retraites, l'éducation et la santé. Reste, pour aller du cap aux grèves, à conjurer l'obsession du programme et du grand plan, qui paralyse l'action. Et à passer de la mobilisation virtuelle des écrans à la réalité physique des luttes et des lieux.
    À travers le récit de son propre engagement, Barbara Stiegler dit la nécessité de réinventer notre mobilisation là où nous sommes, en commençant par transformer les endroits précis et concrets de nos vies.

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  • 47 % des vertébrés disparus en dix ans : faut qu'on se refasse une cabane, mais avec des idées au lieu de branches de saule, des images à la place de lièvres géants, des histoires à la place des choses.
    Olivier Cadiot Il faut faire des cabanes en effet, pas pour tourner le dos aux conditions du monde présent, retrouver des fables d'enfance ou vivre de peu ;
    Mais pour braver ce monde, pour l'habiter autrement, pour l'élargir.
    Marielle Macé les explore, les traverse, en invente à son tour. Cabanes élevées sur les ZAD, sur les places. Cabanes bâties dans l'écoute renouvelée de la nature, dans l'élargissement résolu du « parlement » des vivants, dans l'imagination d'autres façons de dire « nous ». Cabanes de pensées et de phrases, qui ne sauraient réparer la violence faite aux vies, mais qui y répliquent en réclamant très matériellement un autre monde, qu'elles appellent à elles et que déjà elles prouvent.
    Marielle Macé est née en 1973. Ses livres prennent la littérature pour alliée dans la compréhen- sion de la vie commune. Ils font des manières d'être et des façons de faire l'arène même de nos disputes et de nos engagements.

  • Veracruz

    Olivier Rolin

    « J'avais prolongé mon séjour à Veracruz tant qu'elle avait été là - je l'aurais prolongé jusqu'à la fin du monde, s'il n'avait tenu qu'à moi. Maintenant qu'elle avait disparu, je le prolongeais dans l'espoir de la retrouver, ou au moins d'apprendre quelque chose sur les raisons de sa disparition.
    Un jour, un pli me parvint à l'hôtel, expédié par la poste, ne comportant aucune indication de provenance, aucun mot d'accompagnement. Il contenait les quatre récits, brefs et terribles, qu'on va lire. »

  • D'oncle

    Rebecca Gisler

    D'oncle raconte l'histoire d'un oncle. D'un homme-limite jamais grandi, coincé depuis cinquante ans quelque part en enfance et au bord de la mer, au bout du monde. À la faveur de circonstances exceptionnelles, d'une réclusion forcée peut-être, la narratrice est amenée à observer de près cet homme à l'hygiène douteuse, aux manies bizarres, à la santé défaillante, aux proportions anormales, définitivement trop petit, trop gros et trop boiteux pour ce monde. Elle lui tourne autour, tente d'éclaircir ce qui a tout l'air d'un mystère, bute sur de grands pans d'oubli familial, sur les tracasseries d'un quotidien impossible et d'un avenir incertain. Elle spécule. Se livre à un nécessaire délire au contact de cet oncle planté là comme un défi à toute espèce de conformité. En filigrane, c'est le portrait d'une famille et d'une époque qui se dessine. Biscornues comme toutes les familles et toutes les époques. ou disons un peu plus. Mais il faudra se garder des conclusions hâtives. Ce petit brin d'oncle traîne la patte sur une frontière ténue. Avec ce premier roman, Rebecca Gisler propose une écriture entomologiste, intriguée et amusée, qui vise à faire le tour d'un sujet aussi étrange que fascinant : un oncle.

  • Ce livre aurait pu s'intituler Contre une psychiatrie industrielle, quantitative, protocolisée, standardisée, numérisable, objectivante, désincarnée, ultrarapide et inégalitaire, mais c'eût été trop long et difficile à retenir. C'est dommage car l'heure est grave : le pouvoir politique abandonne la psychiatrie publique à sa misère, plusieurs ténors de la profession militent pour instaurer une psychiatrie industrielle, quantitative standardisée, numérisable, objectivante, désincarnée, ultrarapide et inégalitaire, et les malades les plus fragiles font les frais d'un économisme sanitaire totalement dénué d'état d'âme. Constat inquiétant, lorsqu'on sait qu'un Français sur trois a été, est, ou sera atteint d'un trouble mental, et que le degré de civilisation d'une société se mesure à la manière dont elle traite ses membres les plus fragiles.
    Mais il n'est pas forcément trop tard pour restaurer une psychiatrie artisanale, prévenante, lente et respectueuse des singularités des personnes qu'elle soigne.
    C'est de cet espoir que ce livre procède.

  • Peut-on échapper à ce mélange de colère et de mélancolie et à son effet de paralysie sidérante que suscitent en nous le sort des migrants et le traitement réservé à cette humanité précaire?? S'appuyant sur diverses expériences et sur une analyse nourrie de ses lectures, Marielle Macé tente d'opérer un retournement. Elle oppose à la sidération la considération, qui n'exclut pas la compassion. Tout en approfondissant le sens de ce mot, elle nous invite à risquer d'autres formes d'écriture politique de l'hospitalité.

  • S'intéresser aux formes des vies, c'est s'inté- resser à ce que toute vie a non pas d'unique, même si elle est unique, mais de semblable et de dissemblable à d'autres - c'est-à-dire d'égal.

    Marielle Macé poursuit cette conviction de l'égalité des vies, et réclame une attention patiente aux existences les plus précaires, qui vise, avec les moyens de la littérature et du documentaire, à « rendre la réalité inac- ceptable ».

  • De l'érotique

    Paul Audi

    Soit l'événement qu'est le passage du désir à l'amour. Comment rendre compte de cette expérience subjective qui passe pour des plus communes, qui pourtant se révèle chaque fois et pour chacun la plus intense et singulière ? Que nous arrive-t-il lorsque nous nous risquons à l'érotisme, lorsque nous « faisons l'amour » ?
    Paul Audi montre que nous ne nous contentons pas toujours de donner forme et sens à l'expression de la pulsion sexuelle et à l'exaltation du désir. Car s'ouvre parfois à nous la possibilité de ce qu'il appelle une érotique : l'appropriation inventive, aussi urgente que patiente, des codes de l'érotisme, à travers le jeu, le plaisir du jeu. Et ce qui, en effet, est en jeu explique l'exceptionnel engagement des partenaires : une transformation de soi au contact du désir de l'autre.
    Cet essai se présente sous la forme d'une discussion fictive où un interlocuteur rythme et relance la réflexion et notre lecture. L'on a part ainsi pleinement à ce défi de penser ce qu'il arrive quand du désir vient la surprise de l'amour.

  • Entamés au seuil de la trentaine, les Carnets couvrent quarante années d'une sorte de vie.
    Avec le cinquième, on se retrouve, on ne sait trop comment, septuagénaire, à peu près quitte des soins qui ont rempli l'intervalle, excepté celui, cher à Montaigne, d'apprendre à mourir.

  • La demande

    Michèle Desbordes

    À la fin de sa vie, sur l'invitation du roi de France, un maître italien, peintre et architecte, quitte son pays. Accompagné de ses élèves, il fait le long voyage jusqu'à la Loire où il aura sa demeure.
    On lui donne une servante.
    La relation de cette rencontre, en vérité bouleversante, impossible à cerner dans une formule, est le coeur du roman servi par la prose tendue, insidieuse et dense de Michèle Desbordes qui porte - magistralement - le récit jusqu'à son point d'orgue : la demande.

    Cet ouvrage a reçu le prix Flaïano de littérature étrangère 2001, le prix du Roman France-Télévision 1999, le prix du Jury Jean-Giono 1999, ainsi que le prix des Auditeurs de la RTBF 1999.

  • L'art comme expérience

    John Dewey

    Issu d'une série de conférences que Dewey donna en 1931 à Harvard, L'art comme expérience propose une vision de l'art adaptée aux sociétés démocratiques et débarrassée des mythes qui en obscurcissent la signification et les potentialités. Ce livre, qui s'attaque aux présupposés majeurs auxquels nos conceptions restent encore largement subordonnées, est à la source de préoccupations et d'orientations dont l'art américain s'est amplement nourri depuis plus d'un demi-siècle. L'intérêt tardif qu'il a commencé à susciter dans le contexte français exigeait qu'une traduction en fût enfin proposée. Il répond à une double attente, celle des philosophes qui s'intéressent à l'art vivant et celles des artistes ou des critiques qui s'attachent à ressaisir leur pratique à la lumière des actions et des formes d'expérience qui en sont réellement constitutives.

  • Atteint du syndrome d'Asperger, l'homme qui se livre ici aime la vérité, la transparence, le scrabble, la logi que, les catastrophes aériennes et Sophie Sylvestre, une camarade de lycée jamais revue depuis trente ans. Farouche ennemi des compromis dont s'accommode la socialité ordi- naire, il souffre, aux funérailles de sa grand- mère, d'entendre l'officiante exagérer les vertus de la défunte. Parallèlement, il rêve de vivre avec Sophie Sylvestre un amour sans nuages ni faux- semblants, et d'écrire un Traité de criminologie domestique.
    Par chance, il aime aussi la solitude.

  • « Je consigne ici la crainte récurrente qui me prend à la gorge : que l'insignifiant drame que constitue, pour moi seul ou presque, l'horizon de ma mort, ici chanté en contrepoint des tragédies tressées qui embrasent le monde où je me suis inscrit, n'incite à la méprise, au vieux soupçon d'orgueil ; car en effet qui suis-je pour poser mon parcours en poids équivalent aux désordres mortels qui broient tant de mes frères ? car qui suis-je en effet pour oser célébrer ces deux naufrages muets en langue densifiée ? C'est que, tout simplement, je ne me résous pas à finir en laideur, autant aurait valu disparaître plus tôt, bien plus tôt, aux jours sombres où pointe la conscience des choses. ».
    M. R.

  • Kiarostami

    Youssef Ishaghpour

    Dans sa première rencontre avec le cinéma de Kiarostami, le public européen découvrait un Iran profond : une vision contemplative, donc à distance, célébrant l'enfance et les villages, la vie dans un présent intemporel, comme intouchée par l'existence moderne.
    Complexe dans cette apparente simplicité, l'oeuvre d'Abbas Kiarostami connaîtra une transformation radicale. Il n'est plus alors un réalisateur «?iranien?», mais un cinéaste et photographe international. Animé par l'intranquillité qui l'engage à prendre la route, il semble être partout chez lui, avec le même détachement esthétique, sa sérénité, sa disponibilité, son ouverture.
    Ce livre reprend et rassemble les deux ouvrages de l'auteur sur l'oeuvre de Kiarostami publiés en 2001 et 2012. Il comprend un dialogue avec le réalisateur et photographe.

  • Des premières lignes qu'il ait écrites aux toutes dernières, Bergson milite avec une constance remarquable, quoique rarement commentée, pour l'invention d'un nouveau mode d'expression en philosophie. Un mode qui, sans renier le langage ordinaire, s'emploie à le faire fonctionner autrement.
    Le philosophe, écrit-il, doit oeuvrer « dans le même sens que l'art ».
    Prendre au sérieux cette résolution, ce n'est pas seulement rendre à Bergson une élémentaire justice - le lire en somme comme un écrivain -, c'est aussi décider de voir dans la philosophie un genre littéraire parmi d'autres, et qui comme les autres fait aux images, aux figures, à la fiction, aux créatures imaginaires même - les fantômes par exemple - une place qu'on aurait tort de dire anecdotique.
    C'est enfin inviter à une manière inédite d'enseigner la philosophie - et pas seulement celle de Bergson.

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