Verdier

  • Il y a des noms de villes qui semblent condenser tout le pouvoir attractif d'un lieu, toute la mythologie sur quoi se fonde notre désir de voyager. Ainsi Tombouctou, Zanzibar, Vancouver, Valparaiso... C'est le nom d'Obock, celui d'une ancienne colonie française devenue aujourd'hui port de la République de Djibouti, qui est à l'origine de ce récit et du voyage que Jean-Jacques Salgon entreprend en février?2016 pour, selon ses mots, aller « visiter ce qui n'existe plus ». Que Rimbaud et l'explorateur nîmois Paul Soleillet s'y soient un jour croisés, aient pu s'y entretenir de leurs projets commerciaux et des périls encourus sur les pistes qui conduisaient leurs caravanes vers le royaume du Choa, que leur vie aventureuse ait trouvé, sous ces climats hostiles, chacune à sa façon, sa fin précoce, voilà qui donne un relief particulier aux évocations dont ce livre est tissé. Une exploration de la vie de Soleillet, infiniment moins connue que celle de Rimbaud (alors qu'une situation inverse prévalait de leur vivant), constitue le fil d'Ariane qui nous guide vers ces contrées éloignées à la fois dans l'espace et le temps. Pour les deux trafiquants, l'Abyssinie fut un rêve, un rêve commercial, obstiné, dévorant. C'est vers ce rêve « où filtraient les élans d'une véritable passion géographique » que ce livre nous entraîne.

  • À ceux qui attendent une parole en existence, vérifiée par le noeud des actes et des pensées, par ce qui dure, insiste en chaque homme et fait l'épaisseur de son présent, se propose, modestement, ce livre, le Traité des Pères, écrit au IIe siècle par Rabbi Juda Hanassi. À ce court texte, se confrontèrent, génération après génération, les plus grands penseurs juifs, persuadés qu'en ce débat se décidait ce qu'il en était justement de leur grandeur. Recueil des sentences des sages d'Israël qui succédèrent aux prophètes de l'époque biblique, les Pirqé Avot ou Traité des Pères, furent en effet l'objet, au cours des siècles, du plus intense travail de commentaire que connut la tradition juive. Le premier d'entre eux, par son importance, est le commentaire de Rambam (Moïse Maïmonide) que l'on trouvera traduit intégralement dans ce livre. Nous lui avons joint les extraits les plus significatifs des principaux autres commentateurs : Rachi, Rabbénou Yona, le Maharal de Prague et Rabbi Hayim de Volozhyn. Ainsi, lorsqu'en présence du déploiement séculaire d'une parole qui a la vie dure, on scrutera le défilement de ces écrits et on étudiera ces textes, on saura alors comment se décident et se reproduisent les orientations cruciales de ce que l'on nomme éthique et sagesse. À chaque époque, l'éternel recommencement de l'homme, tel est l'envoi que nous adressons à notre tour au lecteur d'aujourd'hui, accompagné, à terme, d'une question pour lui, sur ce qu'il entend mettre dans cet aujourd'hui.

  • Ce grand classique de la littérature juive, que Juda Hallévi acheva au terme de sa vie, est une défense du judaïsme au coeur d'une Espagne médiévale où l'islam, le christianisme et la philosophie se disputent la prépondérance. Déplorant le pouvoir de séduction qu'exerçaient au sein même du monde juif ces trois voies, l'auteur met en lumière la spécificité de la Loi de Moïse et déploie une ample interprétation de l'existence juive sur la terre d'Israël puis en exil. La formule dialoguée du texte s'inspire de la conversion du roi des Khazars ou Kuzari tourmenté par le problème religieux. Ce dernier interroge tour à tour un philosophe, un théologien chrétien, et un théologien musulman. Déçu par leurs réponses, il se voit obligé de faire appel à un docteur de la minorité bafouée et vilipendée, un rabbin, qui finit par le convaincre. C'est ainsi que le monarque approfondit - en même temps que le lecteur - la connaissance du judaïsme.

  • Quels liens unissent les personnages de ces récits ? Dans l'espace d'une Amérique désuète, ils vivent des aventures ordinaires. Ces diverses péripéties désignent un moment de l'existence et interrogent avec la même obstination un destin qui semble se dérober.

  • Au début des années quatre-vingt, Armand Gatti a déjà écrit quarante pièces de théâtre, il a réalisé six films, il a connu la plupart des pays du monde, des guerres, des maquis... Tout porte à penser - et d'ailleurs la demande lui est clairement exprimée - que le temps est venu de prendre du recul, de faire oeuvre autobiographique. Gatti ne dit pas non. Le poème est la forme la plus apte à répondre à l'énigme du « je ». Mais la part en trop, toujours, vient dérégler les perspectives, multiplie les possibles, impose l'image - d'où le scénario. Enfin, la forme théâtrale s'avère nécessaire. Trois genres donc, pour un même texte qui constitue, tant par la manière que par le contenu, un véritable portrait de l'homme et de l'écrivain.

  • Le bahir

    Anonyme

    Cet ouvrage dont on ne connaît ni l'auteur ni la date de parution (sans doute la première partie du XIIe siècle en France) est le tout premier écrit appartenant à la littérature de la cabale. Composé à partir de sources orientales encore peu connues, il en développe cependant la plupart des grands thèmes : mystique des lettres, migration des âmes, système des sephirot, combinaisons de Noms divins, procédure de prières, méditations sur la création du monde et sur le mystère de la Mercabah (Char céleste). Il constitue à ce titre un complément précieux pour une bonne intelligence du Zohar. Les fragments pleins de secrets du Bahir abordent également la question du mal, et ce de manière si originale qu'un savant comme Gershom Scholem a pu dire que c'était un livre gnostique. En fait, loin de croire en la réalité de deux principes souverains antagonistes, il considère que le mal autant que le bien sont l'oeuvre du Dieu unique lui-même. Les pages les plus remarquables sont celles qui contiennent les énoncés sur le masculin et le féminin. Selon ce texte, le monde a été créé par leur union, et la rédemption des âges messianiques ne s'obtiendra que par elle.

  • « Je sais bien qu'il y a aujourd'hui des poètes, dont le chant est peut-être plus retentissant que celui de Gaston Massat. Mais ce n'est pas la célébrité qui justifie les poètes, ni le bruit qu'ils font. C'est le dialogue qu'ils soutiennent avec les autres hommes, à voix parfois si basse, que celui même à qui il parle, croit souvent n'entendre qu'un murmure ». Jean Marcenac
    Le peintre Jean Camberoque nous propose, dans cet ouvrage, d'accompagner son ami, le poète défunt. Dans une parfaite harmonie, dessins et poèmes témoignent d'une égale sensibilité.

  • Une poésie de Bruges où le je lance vers le il ses passerelles d'ombres...

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

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